Affiche du film Sorry Baby

Sorry, Baby : mon film de l’année

Avec une production indépendante, pas de promotion et une sortie plutôt discrète, Sorry, Baby ne promet pas de se classer en top du box-office. Je suis allée le regarder pour l’excellente Naomi Ackie (Blink Twice, Mickey 17, The End Of The F***ing World). Et j’ai pris une claque. Retour sur mon film de l’année, une pépite bien trop sous-côtée.

Une histoire à priori banale

Sorry, Baby, c’est l’histoire d’Agnes (Eva Victor), une nana dépressive dont la vie est rythmée par les visites de sa meilleure amie Lydie (Naomi Ackie). Agnes vit seule dans une maison dans la forêt, et elle n’a pour seul voisin un mec d’à peu près son âge à qui elle plaît. Rien de très novateur jusque-là.

Sauf que voilà, Agnes a vécu quelque chose d’assez tragique pour que la trajectoire de sa vie change. Elle se sent à la traîne, encore en recherche d’emploi stable pendant que tous ses amis de thèse sont accomplis professionnellement et dans leurs vies privées. D’ailleurs, les gens ne comprennent pas. Agnes, c’était la tête de classe, l’intello du groupe, celle dont la thèse a été saluée par tout le corps professoral. Elle est promise à un grand avenir qui ne semble pas arriver.

La vie d’après

Après avoir vu les facettes les plus joviales de la personnalité d’Agnes, on assiste à son déclin. Parce qu’Agnes a subi un viol. Il a duré quelques secondes, assez de temps pour que sa vie, ses rêves et ses projets se figent. Parce que le violeur n’est autre que son directeur de thèse, un homme à qui elle a fait confiance. Parce que la vie doit, malgré tout, continuer. Et c’est dans cet aspect que tient tout le brio du film.

Sorry Baby ne cherche pas à provoquer. Il ne cherche pas à expliquer non plus. Il montre. Il capte l’indicible, les silences lourds, les visages qui se ferment, les regards qui glissent. Il filme la vie d’après, celle qui n’a pas l’air d’avoir changé mais qui ne sera plus jamais la même. Et surtout, il filme sans juger.

Le scénario ne cherche jamais à faire d’Agnès une victime parfaite, ni à simplifier son cheminement. Elle doute, elle refuse, elle s’effondre, elle nie, elle recommence. Et nous, spectateurs, on est avec elle à chaque étape. Et c’est beau. La guérison est un processus long, fastidieux, mais si beau.

C’est peut-être ça, la réussite du film : nous confronter à une réalité inconfortable sans jamais forcer l’émotion. Juste la faire émerger, par petites vagues, comme un écho qu’on sent longtemps après la dernière scène.

Et quelle dernière scène…

Agnes parle à la fille de sa meilleure amie. Elle lui dit que la vie est dure et injuste, mais qu’il faut malgré tout continuer d’avancer. Rien à voir avec un discours de super-héros, ni avec une envolée poétique ou sensationnelle. Juste des mots simples, désarmants de sincérité. Et puis cette conclusion qui bouleverse : “sorry baby”. Tout simplement parfait.

Sorry, Baby est sans aucun doute l’un des meilleurs films de l’année. À voir absolument !

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