Speak No Evil est le dernier film d’horreur de James Watkins, réalisateur des long-métrages Eden Lake et Bastille Day. Il nous fait le plaisir de convier l’acteur écossais James McAvoy (Split, Glass, Le Monde de Narnia, Ça : Chapitre 2…). Mackenzie Davis (Blade Runner 2049, Black Mirror), Aisling Franciosi (Impardonnable, Le Dernier Voyage du Demeter) et Scoot McNairy (Monsters, Cogan) rejoignent également le casting. On adore.
De quoi ça parle
Louise et Ben Dalton rencontrent Paddy, Ciara et leur fils Ant lors d’un séjour en Italie. Les deux couples sympathisent et décident de se revoir. Ça tombe bien, Paddy et sa famille vivent dans un beau et grand domaine de campagne. Les Dalton se retrouvent donc à squatter chez leurs nouveaux amis avec leur fille Agnès (bonne idée). Jusqu’ici tout va bien (non). Très vite, les invités se rendent compte que leurs hôtes sont assez… Particuliers. S’installe alors un climat de plus en plus menaçant.
Pourquoi c’est un bon film ?
James McAvoy. Il faut absolument voir ce film pour la prestation incroyable (et le mot est faible) de James McAvoy dans le rôle de Paddy. Il prend vraiment toute la place et surpasse sans effort les performances de ses collègues. Il incarne à la perfection ce personnage d’hôte très (trop) présent dans la vie de ses invités, intrusif à souhait et terriblement gênant.
Le scénario est un autre point fort de Speak No Evil. Avec un rythme parfait, le réalisateur réussit à nous plonger sans encombre dans l’intimité de ce couple singulier, avec lequel on ne se sent pas en sécurité. Le long-métrage maintient un suspense étouffant en jouant sur des situations ordinaires qui deviennent rapidement insoutenables. On ne s’ennuie pas une seconde !
Est-ce effrayant ?
Le film joue beaucoup sur l’inconfort du spectateur. On sait dès le début que quelque chose cloche dans cette famille. Cependant, on ne se doute pas de l’ampleur du secret que cache le couple Paddy/Ciara. La montée en tension est progressive et lente, ce qui contribue à rendre le couple hôte profondément antipathique. Les moments banals de la vie (aller au restaurant, se promener en forêt) deviennent angoissants car on ne sait jamais vraiment quand cela va dégénérer. Bien que classé comme un film d’horreur, Speak No Evil se rapproche davantage d’un thriller psychologique. La réalisation joue habilement avec les attentes du public, en présentant des scènes apparentes innocentes avec une atmosphère de menace sous-jacente.
En termes de frissons, il ne faut donc pas s’attendre aux traditionnels jump scares des films d’horreur. C’est plutôt le malaise constant qui imprègne le film. L’angoisse naît des interactions entre les personnages et des non-dits, qui laissent au spectateur le soin de se faire sa propre image. Cette vision déstabilisante suffit à insuffler une peur plus subtile et durable. Pari réussi pour James Watkins.
L’anecdote croustillante sur ce film
Speak No Evil est un remake du film danois Ne dis rien, par Christian Tafdrup. Le réalisateur n’a pas apprécié l’américanisation du nouveau projet ! Il défend : « Les spectateurs sont sortis traumatisés de mon film« . Le podcast est disponible chez DR, média danois. Les propos ont été traduits en français sur le site Ecran Large.
Qu’en a pensé le public ?
Le film a été bien accueilli par le public et a engrangé plus de 65 millions de dollars de recettes mondiales (budget de 15 millions). Les avis sont bons : 7/10 sur IMDb, 83% sur Rotten Tomatoes. C’est l’un des meilleurs films d’horreur de 2024. Chapeau !
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